Même en filière longue, des agriculteurs s’en sortent !

Comme chaque année, la FRCivam de Basse-Normandie publie les résultats de son observatoire technico-économique comparant 17 fermes du réseau Civam avec les références du RICA bas normand. Les résultats montrent une fois de plus que les exploitations laitières en polyculture-élevage bas-normandes basées sur l’herbe pâturée, en recherche d’autonomie et d’économies, font plus que bonne figure dans le paysage agricole.

Il ressort de cette étude que les atouts des systèmes économes sont notamment :

- des exploitations à taille humaine, viables, vivables, et transmissibles[i]. Des fermes où le respect de l’animal, de l’environnement et la contribution au dynamisme rural (une agriculture créatrice d’emplois) font partie des fondamentaux[ii].

- des fermes dont les charges sont plus faibles (aux 1.000 litres de lait produits) grâce à une optimisation du pâturage[iii].

- Une rémunération du travail attachée à la notion de valeur ajoutée[iv] et non basée sur les seuls volumes de production. La réflexion des Civamistes portant sur la mise en place de systèmes qui contribuent à leur rémunération tout en préservant une qualité de vie qui permette de se dégager du temps libre.

- Une production plus rémunératrice : ces fermes dégagent plus de 5000 € de revenu disponible hors-aides, tandis que le revenu disponible des exploitations du Rica repose en totalité sur les aides.

Le constat est clair : les fermes des Civam rémunèrent plus d’actifs pour une même unité de surface. Alors que la course à l’agrandissement ne cesse de s’accélérer, avec pour objectif de produire plus pour gagner plus, ces systèmes montrent qu’il est possible de maintenir et de recréer de l’emploi dans le milieu rural, tout en relevant les défis environnementaux.


[i] Capital d’exploitation inférieur de 13 % au RICA, facilitateur dans la transmission pour un repreneur avec notamment des économies importantes sur le matériel (32%) et les bâtiments (29%)

[ii] Elles font vivre plus d’actifs par hectares et par litre de lait que les fermes du RICA.

[iii] Économie totale de charges aux 1000 litres de lait produits de 75 €, en majeure partie due à une moindre consommation d’aliments (- 44 €/1000 litres de lait) et d’intrants (azote, pesticides). La prairie, en association légumineuses/graminées, étant le principal allié de l’éleveur et de ses vaches qui lui permet de générer de telles économies (59 €/1000 L économisés).

[iv] Valeur Ajoutée : + 40 €/1000 L en faveur des systèmes économes.

Réduire de 50 % l’usage des pesticides, c’est possible !

8 fermes en polyculture-élevage du bocage ornais sont engagées, depuis 2011, dans le réseau Ferme Dephy du plan Ecophyto 2018. Qu’elles soient en démarche d’agriculture durable (signataire de la SFEI), en conduite conventionnelle, en agriculture biologique ou en conversion, leur objectif est de réduire l’utilisation des pesticides de moins 50 % par rapport à la référence régionale d’ici à 2018. Pour démontrer que cela est possible, il leur est nécessaire de réfléchir à l’adaptation de leur système de culture et leurs pratiques culturales pour répondre à l’objectif visé. Ces évolutions dans les exploitations doivent également servir de ressources mobilisables au plus grand nombre d’agriculteurs localement.

La plaquette ci-dessous présente donc le réseau DEPHY, les actions menées par la FRCIVAM auprès du groupe d’agriculteurs et ce qui se fait ou se teste au sein de leur exploitation.plaquette écophytho BN

Les systèmes herbagers s’adaptent aux aléas climatiques

Suite aux conditions climatiques particulières et aux fluctuations du prix du lait, nous avons  étudié, sur ces 4 dernières années, la capacité des systèmes fourragers à base d’herbe à s’adapter : sont-ils plus sensibles aux variations climatiques ? quelles incidences au niveau économique ? quelles sont les stratégies développées par les éleveurs pour s’adapter ? Pour en savoir plus, consulter la synthèse ci-dessous …